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"Cependant le feu de jeunesse était aussi allumé dans la poitrine de l'enfant, mais ce n'était point ce feu ardent qui pousse aux hauts faits les fortes âmes, ni le doux feu qui fait pleurer les tendres coeurs, c'était un sombre feu venu d'enfer où Satan l'alluma sans doute. Et il brillait dans ses yeux gris, comme en hiver la lune sur un charnier. Et il le brûlait cruellement.
Se sentant sans amour pour les autres, le pauvre sournois n'osait s'offrir aux dames : il allait alors dans un petit coin écarté, en une petite chambre crépie à la chaux, éclairée par d'étroites fenêtres où, d'habitude, il grugeait ses pâtisseries et où les mouches venaient en foule à cause des miettes. Là, se caressant lui-même, il leur écrasait lentement la tête contre les vitres et il en tuait des centaines, jusqu'à ce que ses doigts tremblassent trop fort pour qu'il pût continuer sa rouge besogne. Et il prenait un vilain plaisir à ce cruel délassement, car lasciveté et cruauté sont deux soeurs infâmes. Il sortait de ce réduit plus triste qu'auparavant et chacun et chacune fuyaient, quand ils le pouvaient, la face de ce prince pâle comme s'il se fût nourri de champignons de plaies."
Nostalgie d’Oriane (feutre vert foncé): la sexualité toujours… On dirait la description ici du début de l’adolescence de mon jeune frère Ivan qui devint par la suite un pâle et notoire, très respecté, magistrat.
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